Le moins que l'on puisse dire, c'est que MobileMe, le nouveau service en ligne prenant la suite de .Mac, pour synchroniser les mails, calendriers ou contacts, s'est attiré en quelques jours une réputation aussi détestable que le précédent produit grand public ayant arboré le suffixe « Me », le tristement célèbre Windows Millenium. Très vite, MobileMe s'est retrouvé affublé de noms d'oiseaux et de sobriquets aussi amusants que « MobileMess » ou « imMobileMe ». Quelle erreur monumentale Apple a-t-il pu commettre pour en arriver là ? Sans doute précipiter le lancement du service pour qu'il sorte en même temps que l'iPhone 3G, l'App Store et la version 2.0 du logiciel de l'iPhone alors que, visiblement, la plupart de ces produits n'étaient pas prêts. C'est néanmoins MobileMe qui s'est attiré l'essentiel des foudres, peut être de manière excessive, même si Apple a visiblement tendu le bâton pour se faire battre.
Si le démarrage de MobileMe a été marqué par des problèmes à répétition (pertes de données, erreurs de facturation, indisponibilité des services…), les choses semblent être rentrées dans l'ordre et on peut se pencher à tête reposée sur le service tant décrié. Car au-delà des polémiques sur son lancement objectivement raté, MobileMe propose tout de même une offre prometteuse, à savoir la synchronisation de ses mails, de ses agendas et de ses contacts entre son ordinateur (Mac ou PC), son iPhone et des applications Web dont Apple a vanté l'ergonomie, sans compter d'autres services tels que la synchronisation de photos et la gestion d'un espace de stockage en ligne de 20 Go, qui faisaient déjà partie de .Mac, son prédécesseur destiné, comme son nom l'indiquait, aux seuls utilisateurs de Mac OS X. MobileMe, malgré ses erreurs de jeunesse, vaut-il son prix de 79 euros par an ? Le service loge-t-il les utilisateurs de Mac et de PC à la même enseigne ? Fonctionne-t-il sur tous les principaux navigateurs ? Tentons d'écarter les « on dit » et de répondre à ces questions.
L'offre MobileMe
Avant de rentrer dans le vif du sujet, attardons-nous sur l'offre proposée par le service MobileMe. Il faut préciser d'emblée que ce n'est pas du tout la première tentative d'Apple en la matière : MobileMe descend du service payant .Mac, qui lui-même prenait la suite des outils gratuits iTools. Etant donné que MobileMe est censé s'adresser aussi bien à des utilisateurs de Mac que de PC ou d'iPhone (qui utilisent aussi bien un Mac qu'un PC, voire les deux), nous ne baserons pas notre test sur les avancées ou reculs par rapport à .Mac. On peut tout de même noter que, pour les utilisateurs de Mac, MobileMe reprend en très grande partie les services proposés par .Mac, à l'exception de certaines fonctionnalités telles que l'accès aux signets en ligne ou l'envoi de cartes électroniques.
Les fonctionnalités de MobileMe sont organisées autour de cinq applications Web : un client mail, un agenda, un gestionnaire de contacts, une galerie photo en ligne et un espace de stockage de 20 Go. Le service permet ainsi de synchroniser ces données entre ces applications et trois appareils : un Mac (équipé de Mac OS X Tiger au minimum), un PC (sous Windows XP ou Vista) ou un iPhone (équipé de la version 2.0 du système). A l'annonce du service, Apple qualifiait MobileMe de « Exchange for the rest of us », soit Exchange pour ceux qui n'ont pas accès à des services de type « Push », permettant de rapatrier automatiquement et instantanément des données tels que des courriers, des rendez-vous ou des contacts sans nécessiter une synchronisation à intervalles réguliers. En clair : créez un rendez-vous ou un contact sur votre iPhone, votre ordinateur ou sur le Web et il sera instantanément disponible sur les autres appareils. Depuis, Apple a revu ses ambitions à la baisse, retirant toute allusion aux termes « Exchange » ou « Push » de son site. Comme nous le verrons, certains transferts fonctionnent en push, alors que d'autres nécessitent une synchronisation.
MobileMe est commercialisé au tarif de 79 euros par an, avec une période d'essai de deux mois. Il est possible de résilier le service avant l'issue de ces deux mois, l'abonnement initial n'entrainant pas d'engagement d'un an. Suite aux problèmes rencontrés au démarrage du service, les abonnés déjà inscrits à .Mac (qui ont été automatiquement transférés vers MobileMe) ou les nouveaux venus se sont vu offrir jusqu'à deux mois d'abonnement gratuit supplémentaires en guise de dédommagement.